La facturation électronique est sur toutes les lèvres, à la radio, à la TV. Pourtant, à quelques mois de l’échéance du 1er septembre 2026, de nombreuses collectivités n’ont pas encore pris la mesure de ce que la réforme impliquait pour elles, ni de ce qu’elles devaient faire avant la date butoir. Êtes-vous concerné ? Si oui, dans quelles conditions ? Dans cet article, on a compilé tout ce que vous devait savoir sur la réforme électronique : ce qui change, ce qui ne change pas et comment agir dès maintenant.
C’est le premier malentendu à dissiper. Une facture électronique n’est pas un document PDF envoyé par email. Ce n’est pas non plus un document scanné ou une image numérique d’une facture papier.
Il s’agit d’une facture (e-invoicing) émise, transmise, reçue et conservée sous une forme dématérialisée et qui contient des données structurées, exploitable automatiquement au format Factur-X. Le format électronique permet de garantir l’authenticité (émetteur identifié), l’intégrité du contenu (non modifiable) et la lisibilité de la facture.
La réforme de la facturation électronique poursuit plusieurs objectifs portés par la Direction générale des finances publiques (DGFiP) :
Elle s’inscrit dans une transformation plus large des échanges financiers, portée à l’échelle européenne.
Au 1er septembre 2026, toutes les structures assujetties à la TVA établies en France devront :
Cela inclut les collectivités mais uniquement dans certains cas. Toutes les collectivités territoriales (communes, départements, régions) et EPCI de toute taille, générant des activités assujetties à la TVA :
seront concernées par la réforme de la facture électronique.
La facturation électronique n’est pas une nouveauté pour les collectivités. Depuis le 1er janvier 2017, toutes les collectivités et administrations sont tenues de recevoir leurs factures fournisseurs via Chorus Pro.
Concrètement, cela signifie que :
Donc, là où les entreprises découvrent la facture électronique, les collectivités, elles, la pratiquent déjà. Mais la réforme à venir change la donne sur un point essentiel : certaines collectivités ne seront plus seulement destinataires des factures électroniques ; elles devront aussi être en mesure d’en émettre. Et les formats acceptés évoluent vers des standards plus exigeants.
Pour les secrétaires généraux de mairie, agents comptables et directeurs financiers des collectivités, l’enjeu est concret : vérifier que les outils en place sont bien conformes, anticiper les éventuelles mises à jour logicielles et comprendre ce que la réforme implique.
Le 18 juillet 2025, le gouvernement français a officialisé une décision importante : Chorus Pro restera la plateforme de référence pour la facturation électronique du secteur public.
Ainsi :
La plateforme Chorus Pro ne disparaît pas : au contraire, elle monte en puissance. La réforme capitalise ainsi sur un écosystème que vous maîtrisez déjà.
L’obligation d’émettre des factures électroniques : voilà le véritable enjeu.
Les collectivités assujetties à la TVA devront émettre leurs factures au format électronique via le format PES ASAP enrichi à destination du protocole d’échanges Hélios (intégration de nouvelles balises de facturation électronique).
Hélios assurera plusieurs fonctions clés :
En plus de son rôle de plateforme de réception, Chorus Pro assurera le routage des factures vers la plateforme agréée (PA) des entreprises concernées.
La réforme ne se limite pas à changer le format des factures. Elle impose aussi un enrichissement significatif des données que chaque facture doit contenir.
Pour être conforme, les factures devront intégrer de nouvelles informations obligatoires à saisir sur vos titres : numéro SIRET de l’émetteur et du destinataire, code service, numéro de bon de commande, mentions obligatoires de TVA, identifiant de la plateforme agréée.
L’intégration de ces données de facturation vont impactés également vos logiciels métiers concernés par les activités assujetties à TVA et qui sont à l’origine de l’émission de titres au sein de vos solutions de gestion financière. Toute donnée manquante ou incorrecte pourra entraîner un rejet bloquant.
La qualité de saisie des données et la mise à niveau de votre système d’interopérabilité sont au cœur des enjeux de la réforme.
L’un des changements les plus structurants de la réforme est l’automatisation des contrôles de conformité. Aujourd’hui, un agent peut recevoir une facture incomplète ou comportant des erreurs et décider de la traiter quand même, en corrigeant manuellement les données manquantes.
Demain, cela sera la plateforme qui contrôlera automatiquement la conformité de chaque facture à la réception : cohérence des données de TVA, identification correcte du destinataire etc. Une facture qui ne respecte pas le format, contient des données manquantes ou incohérentes sera rejetée automatiquement par Chorus Pro.
La qualité d’intégration des solutions de gestion financière à Chorus intégrant la gestion du nouvel annuaire Chorus constitue un levier important pour la sécurisation de vos recettes.
La réforme met en lumière le rôle central du logiciel de gestion financière dans la chaîne de facturation. Un logiciel à jour doit être capable de :
Au-delà de la facture, certaines données devront être transmises à la DGFiP via le flux PES ASAP enrichi pour permettre le pré-remplissage de la TVA et renforcer le contrôle fiscal.
La réforme de la facture électronique ne change pas vos règles comptables mais elle transforme vos flux de gestion avec :
Au-delà de l’obligation règlementaire, les bénéfices apportés aux collectivités par la réforme de la facture électronique sont multiples :
La réforme de la facture électronique est un levier concret de la performance financière.
Contrairement aux idées reçues, les collectivités ne sont pas automatiquement prêtes. Plusieurs points de vigilance s’imposent :
Les actions clés à engager :
La réussite de cette réforme repose sur l’intégration fluide entre vos solutions métiers, finances et Chorus Pro. L’enjeu pour Berger-Levrault n’est pas seulement de vous proposer des solutions de gestion financière conformes, c’est aussi de vous éviter les blocages opérationnels.
Berger-Levrault fait évoluer ses solutions pour vous permettre de :
Objectif : zéro rupture dans votre chaîne de facturation.
La réforme de la facture électronique n’est pas une rupture pour les collectivités mais une montée en exigence technique et réglementaire pour les communes et EPCI gérant une activité assujettie à la TVA.
Anticiper aujourd’hui vous permettra de sécuriser vos recettes de demain.